En résumé

La décarbonation est devenue un enjeu stratégique majeur pour les entreprises, appelées à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre afin d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Construire une stratégie efficace repose sur un diagnostic précis des émissions, la définition d’objectifs adaptés et l’implication des collaborateurs dans une démarche durable. Les entreprises doivent également suivre leurs résultats dans le temps pour ajuster leurs actions et répondre aux exigences réglementaires, notamment liées à la CSRD. Pour accompagner cette transition, plusieurs dispositifs de financement existent, comme le plan France 2030, les aides de l’ADEME ou les prêts dédiés aux PME.

La stratégie de décarbonation 2026 : Le plan des entreprises françaises

Toutes les organisations sont désormais appelées à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre pour atteindre une neutralité carbone à horizon 2050. Bâtiments, transports, réseaux de chaleur, gestion des ressources...Chaque secteur doit désormais définir sa feuille de route climatique. Faisons le point sur le plan de décarbonation 2026, ses obligations réglementaires et les actions concrètes à mettre en œuvre. 

Qu’est-ce que la décarbonation ? 

La décarbonation désigne l’ensemble des mesures visant à réduire les émissions de dioxyde de carbone (CO₂) et de gaz à effet de serre liés aux activités humaines. Cette démarche, au cœur de la transition énergétique et écologique, consiste à limiter la consommation d’énergie fossile, à améliorer l’efficacité énergétique et à développer les énergies renouvelables. En France, elle s’inscrit dans la stratégie nationale bas-carbone (SNBC) et dans la directive européenne CSRD. Les entreprises, acteurs de cette transition, doivent ainsi repenser leurs procédés industriels, la production et la gestion des ressources afin de réduire leur empreinte carbone. 

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Comment construire une stratégie de décarbonation efficace ? 

Mettre en œuvre une stratégie de décarbonation demande méthode et cohérence. L’enjeu n’est pas seulement de réduire les émissions, mais de repenser durablement la manière dont l’entreprise produit et gère ses ressources. Voici les principales étapes pour y parvenir 

Mesurer l’empreinte carbone pour établir un diagnostic fiable 

La première étape consiste à évaluer précisément les émissions de gaz à effet de serre générées par l’activité de l’entreprise. Ce bilan, souvent appelé bilan GES, distingue les émissions directes (scope 1), indirectes liées à la consommation d’énergie (scope 2) et celles issues de la chaîne de valeur (scope 3). 

Il offre une vision claire des postes les plus émetteurs et permet de cibler les actions à fort impact. Sans cette mesure, aucune stratégie de décarbonation ne peut être crédible. 

Ce diagnostic constitue également une base pour accéder à certains dispositifs publics de financement. Les appels à projets nationaux et les aides de l’ADEME exigent, dans la majorité des cas, un état initial chiffré des émissions, ainsi qu’une justification précise des gains environnementaux attendus. 

Définir des objectifs clairs et hiérarchiser les leviers d’action 

Une fois les émissions identifiées, il s’agit de fixer des objectifs réalistes et de définir les leviers prioritaires. Ces leviers varient selon les secteurs, mais touchent généralement à la consommation d’énergie, à la mobilité professionnelle, à la production industrielle ou à la conception des bâtiments. Chaque entreprise doit adapter sa feuille de route à sa propre structure. 

Impliquer les collaborateurs et piloter la transition dans la durée 

La décarbonation se construit collectivement. La réussite d’une telle stratégie dépend de l’adhésion des équipes, de la coordination entre la direction, les services RH et les représentants du personnel, ainsi que d’un pilotage régulier des progrès réalisés. Mettre en place une gouvernance claire et partager les résultats sont autant de leviers pour ancrer la démarche dans la durée. La décarbonation ne doit pas être traitée comme un projet isolé, mais comme un pilier de la stratégie d’entreprise. Elle doit s’articuler avec les autres objectifs de performance et être intégrée dans les processus de décision. 

Suivre, évaluer et ajuster les actions dans le temps 

La décarbonation est un processus évolutif. Les entreprises doivent se doter d’indicateurs de suivi précis (intensité carbone, taux de réduction des émissions, économies d’énergie réalisées) et mettre à jour leurs trajectoires à intervalles réguliers. Ce suivi garantit la conformité avec les objectifs réglementaires et facilite la communication extra-financière imposée par la CSRD. 

Comment financer la décarbonation ? 

France 2030 : investissements massifs pour la transition écologique 

Le plan France 2030 est un programme d’investissement public doté d’environ 54 milliards d’euros destiné à accompagner les entreprises dans leur transition vers une économie bas-carbone. Il finance, entre autres, les projets liés à la décarbonation industrielle (50%), aux technologies propres, à l’énergie renouvelable ou à l’efficacité énergétique, ainsi qu’à la recherche et développement dans ces domaines. 

Un volet spécifique du plan prévoit également des appels à projets pour soutenir de très grands projets industriels de décarbonation, en particulier sur des sites fortement émetteurs de gaz à effet de serre. Le but étant d'atteindre la neutralité carbone à horizon 2050. 

Pour être recevables, vous devez répondre aux critères suivants : 

  • Un investissement minimal fixé à 3 millions d’euros ; 

  • Un impact environnemental mesurable, avec une réduction d’au moins 1 000 tonnes de CO₂ par an ; 

  • Une approche technologique structurée, reposant sur au moins l’un des quatre leviers suivants : 

  • l’amélioration de l’efficacité énergétique ; 

  • l’évolution du mix énergétique ; 

  • l’adaptation du mix matière ; 

  • le captage, la valorisation et le stockage du carbone. 

stratégie de décarbonation 2026

Subventions de l’ADEME pour des actions bas-carbone 

L’Agence de la transition écologique (ADEME) propose également des subventions pour accompagner les entreprises dans des démarches concrètes de réduction des émissions de carbone, notamment : 

  • L'aide à la logistique bas-carbone et aux projets de transport durable ; 

  • Le financement de solutions innovantes pour réduire l’impact environnemental ; 

  • Soutien à des projets d’efficacité énergétique ou à la transition vers des énergies propres. 

Les aides de l’ADEME peuvent prendre la forme de subventions forfaitaires ou être calculées sur la base d’un taux d’aide, avec un plafond déterminé à l’issue de l’analyse économique du projet. L’Agence intervient soit dans le cadre d’appels à projets nationaux ou régionaux, assortis de cahiers des charges, soit via des dispositifs d’« aide de gré à gré », correspondant aux mécanismes classiques de soutien financier. 

Prêt Action Climat et autres dispositifs régionaux 

Des prêts à taux préférentiels et subventions régionales existent pour financer des projets de transition écologique, notamment pour les PME : 

  • Le Prêt Action Climat vise à soutenir les projets de transition écologique et énergétique menés par des TPE et PME de moins de 50 salariés. Il bénéficie du dispositif de garantie verte déployé en partenariat avec l’État. Le montant est compris entre 10 000 € et 75 000 €, et est proposé par Bpifrance. La durée est modulable de 3, 5 ou 7 ans incluant un différé d’amortissement du capital de 9 mois, 1 an ou 2 ans selon la durée choisie. 

  • Le programme CAP Transition Écologique, lancé par la Région Centre-Val de Loire, accompagne les entreprises de moins de 250 salariés et les structures de l’économie sociale et solidaire dans leur transition écologique. Il se déroule en deux étapes : la première finance jusqu’à 50 % du coût d’un diagnostic environnemental destiné à élaborer un plan d’action, et la seconde soutient jusqu’à 30 % des investissements engagés, dans la limite de 200 000 € HT. 

FAQ - La stratégie de décarbonation 2026 

Quels sont les principaux outils pour mesurer les émissions carbones d’une entreprise ? 

Les entreprises utilisent généralement le bilan GES qui distingue les émissions directes (scope 1), indirectes liées à la consommation d’énergie (scope 2) et celles issues de la chaîne de valeur (scope 3). Des logiciels spécialisés et des consultants peuvent aussi aider à collecter et analyser les données pour un diagnostic précis. 

Comment impliquer les collaborateurs dans une stratégie de décarbonation ? 

L’adhésion des équipes est essentielle. Cela passe par la sensibilisation via des formations, la communication régulière des objectifs et résultats, la participation dans la définition des actions et la mise en place d’une gouvernance partagée incluant la direction, les RH et les représentants du personnel. 

Quels sont les leviers spécifiques à l’industrie pour réduire les émissions de CO₂ ? 

Dans l’industrie, on agit souvent sur l’efficacité énergétique des procédés, le recours aux énergies renouvelables, l’optimisation des cycles de production, la modernisation des équipements, ainsi que le captage et le stockage du carbone pour les sites fortement émetteurs. 

Quelles démarches privilégier pour une entreprise qui débute sa transition vers la neutralité carbone ? 

Commencer par un diagnostic complet des émissions, définir des objectifs clairs et réalistes avec des priorités adaptées, sensibiliser toutes les parties prenantes, et piloter la démarche avec des indicateurs de suivi pour ajuster les actions dans le temps. 

Quels critères doit remplir un projet pour bénéficier des financements du plan France 2030 ? 

Un projet doit représenter un investissement minimal de 3 millions d’euros, avoir un impact environnemental mesurable avec une réduction d’au moins 1 000 tonnes de CO₂ par an et s’appuyer sur au moins un des quatre leviers suivants : amélioration de l’efficacité énergétique, évolution du mix énergétique, adaptation du mix matière, ou captage et valorisation du carbone. 

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