En résumé

Les violences sexistes et sexuelles au travail (VSST) regroupent des comportements ou situations à connotation sexiste ou sexuelle portant atteinte à la dignité des salariés et dégradant les conditions de travail. Considérées comme un risque professionnel à part entière, elles sont encadrées par le droit du travail et le droit pénal, imposant à l’employeur des obligations strictes de prévention et de traitement. L’entreprise doit intégrer les VSST dans son évaluation des risques, sensibiliser les équipes et mettre en place des dispositifs de signalement adaptés. Une prévention efficace repose sur une démarche collective, structurée et durable, impliquant managers, RH, CSE et salariés.

Les violences sexistes et sexuelles au travail (vsst)

Les violences sexistes et sexuelles au travail (VSST) recouvrent un ensemble de comportements, de propos ou de situations qui, par leur caractère sexiste ou sexuel, portent atteinte à la dignité des personnes et altèrent le cadre professionnel. Elles peuvent prendre des formes multiples, parfois diffuses, parfois manifestes, mais restent toujours susceptibles de fragiliser les relations de travail et la santé des salariés. 

Dans l’entreprise, ces situations ne relèvent ni de l’anecdotique ni d’un simple dysfonctionnement relationnel. Elles constituent un risque professionnel identifié, soumis à un encadrement précis par le droit du travail et le droit pénal. À ce titre, l’employeur est tenu d’anticiper, de prévenir et de traiter les faits signalés, sous peine d’engager sa responsabilité. La manière dont les VSST sont appréhendées révèle ainsi le niveau de maturité des politiques de prévention, de sécurité et de dialogue social mises en œuvre au sein des organisations. 

Ce que vous trouverez dans l’article 

Définition des violences sexistes et sexuelles au travail, qualification juridique des situations, obligations de l’employeur, rôle des acteurs internes et leviers de prévention : cet article propose une synthèse structurée des VSST en entreprise. Il les aborde comme un risque professionnel à part entière, à intégrer pleinement dans les démarches de santé et de sécurité au travail, et fournit des repères concrets pour prévenir les situations à risque et agir efficacement lorsqu’elles surviennent. 

Les violences sexistes et sexuelles au travail : de quoi parle-t-on exactement ? 

Les violences sexistes et sexuelles au travail (VSST) désignent des comportements, des propos ou des actes qui, en raison de leur connotation sexiste ou sexuelle, portent atteinte à la dignité d’une personne ou créent un environnement professionnel dégradant, intimidant ou humiliant. Ces situations peuvent impliquer un supérieur hiérarchique, un collègue, un subordonné ou, dans certains contextes, un tiers à l’entreprise. 

Les VSST recouvrent plusieurs réalités juridiques distinctes. Les agissements sexistes correspondent à des comportements liés au sexe d’une personne, ayant pour effet de porter atteinte à sa dignité ou d’instaurer un climat hostile, y compris en l’absence de répétition. Le harcèlement sexuel se caractérise par des propos ou des comportements à connotation sexuelle répétés, ou par une pression grave exercée dans le but réel ou apparent d’obtenir un acte de nature sexuelle. Certaines situations relèvent enfin de la violence sexuelle, lorsque des actes sont imposés par contrainte, menace ou surprise. 

Ces faits ne se limitent pas aux situations les plus visibles. Des remarques déplacées, des attitudes insistantes ou un harcèlement d’ambiance peuvent, par leur accumulation, altérer durablement les conditions de travail. Cette diversité rend l’identification des VSST complexe, mais indispensable à toute démarche de prévention efficace. 

Les VSST, un risque professionnel à part entière pour l’entreprise 

Les violences sexistes et sexuelles au travail ne relèvent pas uniquement de situations individuelles. Elles constituent un risque professionnel à part entière, au même titre que les risques psychosociaux, et affectent le fonctionnement global de l’entreprise. 

Lorsqu’elles ne sont ni repérées ni traitées, les VSST peuvent entraîner une dégradation du climat social, une fragilisation des collectifs de travail et une perte de repères managériaux. Stress, isolement, désengagement professionnel ou arrêts de travail figurent parmi les conséquences fréquemment observées. À l’échelle organisationnelle, ces situations exposent également l’entreprise à des risques juridiques et à une remise en cause de ses dispositifs de prévention. 

Les intégrer pleinement dans l’évaluation des risques professionnels permet, à l’inverse, de structurer une réponse collective, cohérente et durable, fondée sur l’anticipation, la formation et l’action. 

Quel cadre juridique encadre les VSST en entreprise ? 

Les VSST s’inscrivent dans un cadre juridique articulé autour du code du travail et du code pénal, qui poursuivent des objectifs complémentaires : prévenir les atteintes dans la relation de travail et sanctionner les faits lorsqu’ils constituent des infractions. 

Le code du travail interdit les agissements sexistes et le harcèlement sexuel. Il protège les salariés contre les comportements ou propos à connotation sexuelle ou sexiste portant atteinte à leur dignité ou créant un environnement intimidant, hostile ou offensant. Cette protection s’applique à l’ensemble du lieu de travail, y compris lors des déplacements professionnels ou des événements liés à l’activité. 

Le code pénal intervient lorsque les faits constituent des violences sexuelles, une pression grave ou des actes imposés sans consentement. La responsabilité pénale de l’auteur peut alors être engagée, sans préjudice des obligations qui incombent à l’employeur en matière de prévention et de réaction. 

Violences sexistes et sexuelles au travail (VSST)

Les obligations de l’employeur face aux violences sexistes et sexuelles 

L’employeur est tenu à une obligation de prévention et de protection des salariés. Cette responsabilité s’inscrit dans l’obligation générale de sécurité, qui impose d’anticiper les risques et de traiter sans délai les situations signalées. 

La prévention des VSST suppose notamment leur prise en compte dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP). Elles doivent y être analysées comme un risque spécifique, en lien avec l’organisation du travail, les relations hiérarchiques ou certains contextes d’activité. 

L’employeur doit également mettre en place des actions d’information et de sensibilisation, ainsi que des procédures internes de signalement et de traitement des situations. Le rôle des acteurs internes est central : services RH, managers, CSE, référents désignés et préventeurs contribuent collectivement à l’efficacité des dispositifs déployés. 

Prévenir les VSST : une démarche structurée et collective 

La prévention des VSST repose sur une démarche organisée, inscrite dans la durée. Elle s’intègre à une politique globale de santé et de sécurité au travail, en articulation avec les démarches de prévention existantes. 

L’analyse des situations à risque constitue un préalable indispensable. Organisation du travail, pratiques managériales, isolement de certains salariés ou exposition à des tiers doivent être examinés afin de définir un plan d’actions adapté à la réalité de l’entreprise. 

La mobilisation des acteurs internes favorise la diffusion d’une culture commune de vigilance et de respect. Le suivi régulier des actions engagées, ainsi que leur ajustement au regard des retours du terrain, permettent d’inscrire la prévention dans une logique d’amélioration continue. 

Dans ce cadre, la montée en compétence des acteurs joue un rôle déterminant. S’appuyer sur une formation SST permet d’intégrer les VSST dans une approche globale des risques professionnels et de sécuriser les pratiques des managers, des RH et des préventeurs. 

Que faire face à une situation de VSST en entreprise ? 

Lorsqu’une situation de VSST est signalée, la réaction doit être rapide, structurée et sécurisée. L’enjeu est de protéger la personne concernée tout en garantissant un traitement conforme aux obligations légales. 

L’accueil de la parole constitue une étape déterminante. Le signalement, qu’il émane d’une victime, d’un témoin ou d’un tiers, doit être pris au sérieux et traité dans un cadre confidentiel, sans pression ni représailles. 

L’entreprise doit ensuite activer la procédure interne prévue : enquête, mobilisation des services compétents, mesures conservatoires si nécessaire. Selon la nature des faits, un accompagnement externe peut être envisagé, qu’il soit juridique, médical ou psychologique. Le traitement d’une situation de VSST doit enfin conduire à renforcer les actions de prévention afin d’éviter toute récurrence. 

FAQ - Les violences sexistes et sexuelles au travail (vsst)

Quelles sont les différences entre agissements sexistes, harcèlement sexuel et violences sexuelles au travail ? 

Les agissements sexistes sont des comportements liés au sexe d’une personne, affectant sa dignité ou créant un climat hostile, même en l’absence de répétition. Le harcèlement sexuel se caractérise par des propos ou comportements à connotation sexuelle répétés ou une pression grave visant à obtenir un acte sexuel. Les violences sexuelles regroupent des actes imposés par contrainte, menace ou surprise. Ces distinctions permettent une qualification précise des faits pour mieux les traiter. 

Quels sont les risques professionnels et organisationnels liés aux violences sexistes et sexuelles au travail ? 

Les violences sexistes et sexuelles génèrent un risque psychosocial important, pouvant entraîner dégradation du climat social, isolement des victimes, absentéisme, et désengagement professionnel. Sur le plan organisationnel, elles fragilisent les collectifs de travail, désorganisent le management et exposent l’entreprise à des risques juridiques et réputationnels, affectant durablement sa performance. 

Comment intégrer efficacement la prévention des violences sexistes et sexuelles dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) ? 

Il faut analyser spécifiquement les VSST comme un risque professionnel, en identifiant les situations favorisant leur apparition : organisation du travail, relations hiérarchiques, isolement de salariés ou interactions avec des tiers. Cette analyse permet de définir des mesures préventives adaptées, à inclure dans le DUERP et à suivre régulièrement pour ajuster les actions. 

Quels rôles spécifiques peuvent jouer les acteurs internes comme les services RH, managers et représentants du personnel dans la gestion des VSST ? 

Les services RH pilotent les dispositifs d’information, sensibilisation et traitement des signalements. Les managers doivent adopter des pratiques managériales respectueuses et être formés à repérer et agir face aux VSST. Les représentants du personnel et le CSE sont parties prenantes dans la prévention, le dialogue social et le suivi des actions, garantissant une approche collective et participative. 

Quelles sont les mesures immédiates recommandées pour réagir face à un signalement de violences sexistes ou sexuelles en entreprise ? 

Dès un signalement, l’entreprise doit garantir l’écoute attentive et confidentielle de la personne concernée sans pression ni représailles. Une procédure interne doit être activée rapidement : ouverture d’enquête, mesures conservatoires possibles pour protéger la victime, et mobilisation de ressources juridiques, médicales ou psychologiques externes si nécessaire. L’objectif est la protection immédiate et un traitement légal conforme. 

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Ce contenu n'a pas été rédigé par la rédaction Lamy Liaisons. Il doit être interprété avec discernement et ne saurait servir de fondement à une décision juridique sans validation préalable par un professionnel qualifié.