Respecter les gestes et postures à adopter, comme l’utilisation de chaises ergonomiques, le positionnement correct des pieds et des bras, ou le maintien d’une colonne vertébrale droite lors de la manutention, contribue à réduire les TMS et les tensions musculaires. Les postures contraignantes répétées, que ce soit en travail sur écran, en position assise ou debout, ou lors de la manutention de charges, peuvent nuire à la santé physique et mentale et impacter la productivité de l’entreprise. L’employeur doit adapter les conditions de travail, informer les salariés et mettre en place des mesures préventives conformément au Code du travail. Une démarche structurée de qualité de vie et des conditions de travail (QVT) permet de préserver la santé des collaborateurs tout en améliorant durablement les performances collectives.
De nos jours, le concept de Qualité de Vie au Travail (QVT) est de plus en plus présent dans les entreprises. Elles se veulent plus responsables, plus soucieuses de leurs collaborateurs et prennent davantage en compte le bien-être de leurs salariés. Maîtriser les bons gestes et postures au travail permet de prévenir l’apparition de troubles musculo-squelettiques (TMS), pouvant potentiellement s’aggraver de façon pathologique et durable.
De nombreux équipements ergonomiques existent afin de permettre aux collaborateurs de réaliser leur mission de façon confortable tout en préservant leur intégrité physique.
De mauvais gestes et postures sont la cause des TMS (absentéisme, désorganisation, baisse de la performance, etc.). Pourtant, ceux-ci sont souvent sous-estimés alors qu’ils nuisent à la productivité générale de l’entreprise. Ce guide des bonnes postures au travail vous permettra d'exercer votre activité en toute sécurité et de préserver au mieux votre santé sur le long-terme. De la manutention au télétravail, tous les collaborateurs sont exposés au risque.
Geste et posture : quelles définitions et quelles différences ?
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Le geste se définit comme l'exécution d’un mouvement réalisé par une personne dans un but de manipulation.
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La posture comprend l’ensemble des positions physiques adoptées lorsqu’un travailleur exerce son activité. Celle-ci peut-être naturelle, volontaire ou contraignante.
Postures contraignantes
Les postures contraignantes sont définies par le Code du travail comme les postures impliquant des positions forcées des articulations et notamment des angles extrêmes des articulations. Des exemples de postures contraignantes peuvent être : bras levés, en déséquilibre, torsion du tronc, etc.
Ces postures contraignantes s’intensifient lorsqu’elles sont répétées et entraînent de la fatigue, des troubles musculos-squelettiques et réduisent les performances des travailleurs. Ces troubles sont une des causes principales d’arrêt de travail voire un arrêt-maladie en entreprise. Cette situation est donc pénible pour votre travailleur et nuit à la productivité de votre entreprise.
Geste et posture au travail : quelles obligations pour l’employeur ?
L’employeur a l’obligation d’éviter de mettre son employé en danger. Il doit empêcher le risque et non pas seulement le diminuer. Il est tenu de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale de ses salariés (article L. 4121-1 du Code du travail).
L’employeur a également un rôle de prévention et doit indiquer aux travailleurs les risques qui en découlent en matière de gestes et postures au travail.

Guide des bonnes postures au travail adaptées au facteur organisationnel
Travail sédentaire
Geste et posture pour travailler devant un écran
Les troubles musculo-squelettiques (lombalgie, névralgie, etc.) engendrés par le travail sédentaire ou en position statique sont la conséquence d’une mauvaise posture.
Une bonne posture pour du travail sur écran et afin de prévenir ces troubles, il est nécessaire :
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Que vos bras et avant-bras forment un angle droit,
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Que vos pieds reposent sur le sol ou sur un repose-pieds,
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Que votre dos soit légèrement en arrière et appuyé sur le dossier.
En ce qui concerne la fatigue visuelle, il est préférable de placer votre écran au niveau de vos yeux. De la même manière, il est recommandé d’utiliser un clavier mobile à plat et une souris afin de ne pas vous pencher fréquemment et maintenir le regard sur l’écran.
Bon à savoir : 3 à 5% des TMS sont engendrés par du travail sur écran. Des maux de dos, des tensions dans la nuque, une cyphose ou une fatigue visuelle peuvent découler de mauvais gestes et postures.
Geste et posture en position assise ou debout
Travailler assis peut engendrer des tensions sur le long-terme. Il est donc important d'adopter les bons gestes et postures afin de prévenir les risques.
Utiliser un fauteuil ergonomique confortable et penser à garder le dos droit. Il est également préférable de ne pas croiser les pieds et de les mettre en avant.
La position debout présente davantage de risques (apparition de TMS, etc.)
Pour les prévenir, il est nécessaire de :
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Porter des chaussures plates et d’éviter le piétinement,
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Tenir votre dos droit,
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Votre tête doit être dans le prolongement de votre colonne vertébrale,
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Vos jambes doivent être légèrement écartées,
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Le poids de votre corps doit être bien réparti pour ne pas vous fatiguer.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les positions statiques sont généralement les plus dangereuses. Celles-ci se répercutent sur trois segments corporels : le cou et les épaules, le dos et les jambes et les pieds.
Travail physique
Geste et posture à adopter pour de la manutention
Le travail en entrepôt peut s’avérer particulièrement physique puisque les travailleurs sont souvent amenés à faire un effort impliquant de porter des charges. Les risques sont assez nombreux et en tout genre (plaies, brûlures, fractures, etc.)
L’employeur a donc un devoir préventif. Des aménagements nécessaires peuvent être apportés afin de préserver la santé du travailleur et de l’accompagner dans la réalisation sécurisée de ces missions.
Les gestes et postures adaptées pour soulever des charges lourdes. Avant toute chose, il est important d’apprécier le poids de l’objet que vous souhaitez soulever.
Ensuite, il existe deux cas de figure :
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Cas n°1 : l'objet est léger. Dans ce cas, vous pouvez vous accroupir ou vous mettre à genoux avant de le porter.
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Cas n°2 : l’objet est lourd. Dans ce cas, écartez vos jambes et mettez vous à hauteur de l’objet en les pliant. Il est primordial de garder votre dos droit.
FAQ - geste et posture au travail
Quelles sont les 5 obligations de l’employeur en matière de gestes et postures au travail ?
L’employeur a plusieurs obligations légales et réglementaires pour assurer la sécurité et la santé des salariés concernant les gestes et postures au travail :
1) Procéder à l’analyse des risques professionnels et des conditions de travail pour chaque poste, notamment pour le travail sur écran, comme prescrit par l’article R. 4542-3 du Code du travail. Cette analyse doit être globale et intégrer l’activité réelle des salariés. Les résultats doivent être transcrits dans le document unique d’évaluation des risques.
2) Mettre en place des actions de prévention des risques professionnels, d’information et de formation des salariés sur ces risques et sur les mesures destinées à les éviter, conformément à l’article L. 4121-1 du Code du travail.
3) Adapter le travail à l’homme, en particulier en ce qui concerne la conception des postes de travail et le choix des équipements, afin de limiter le travail monotone et les effets sur la santé (principe d’ergonomie).
4) Mettre en place une organisation et des moyens adaptés, notamment en ce qui concerne les mesures de sécurité, qui doivent tenir compte de l’évolution des circonstances et viser l’amélioration continue des situations existantes.
5) Former les salariés aux gestes et postures à adopter pour réaliser en sécurité les manutentions manuelles, en insistant sur les principes de base (dos droit, jambes pliées, efforts avec les jambes, etc.), conformément à l’article R. 4541-8 du Code du travail.
Quels sont les 6 critères de pénibilité au travail ?
Les critères de pénibilité au travail, notamment en lien avec les troubles musculo-squelettiques, sont définis dans la législation et la réglementation. Selon l’arrêté belge cité dans le contexte, les 6 facteurs de risque biomécaniques sont :
1) L’usage d’une force excessive lors de l’exécution de certaines tâches contraignantes ;
2) Les mouvements répétitifs fréquents ;
3) La durée de la tâche ;
4) Les postures de travail ;
5) Les gestes de travail ;
6) La force de contact.
L’employeur doit également prendre en compte d’autres facteurs de risque liés au poste de travail et les résultats des analyses issues d’autres domaines pertinents de la santé et de la sécurité au travail pour une démarche globale de prévention.
Quelles sont les 10 règles de l’ergonomie ?
Bien que la réglementation ne liste pas explicitement « 10 règles » universelles, les principes ergonomiques à respecter pour l’aménagement des postes de travail et la prévention des troubles musculo-squelettiques peuvent être synthétisés ainsi :
1) Adapter le poste de travail à l’homme (dimensionnement, postures, accès, circulation) ;
2) Limiter la répétitivité des gestes (éviter plus de 10 répétitions par minute) ;
3) Permettre des changements de posture et éviter les postures statiques prolongées ;
4) Présenter clairement les informations utiles (visuelles et sonores) ;
5) Limiter les efforts physiques et la manutention manuelle ;
6) Prévoir un espace suffisant pour la bonne exécution du travail ;
7) Adapter les outils et équipements à la tâche et à l’utilisateur (hauteur, inclinaison, accessibilité) ;
8) Prendre en compte les contraintes environnementales (éclairage, bruit, température) ;
9) Former les salariés à l’utilisation correcte des équipements et aux bonnes postures ;
10) Impliquer les salariés dans l’évaluation et l’amélioration de leur poste de travail (recueil de leur avis, analyse de l’activité réelle).
Ces règles sont issues de l’application des principes généraux de prévention et des recommandations ergonomiques pour la conception et l’aménagement des postes de travail.
Ce contenu n'a pas été rédigé par la rédaction Lamy Liaisons. Il doit être interprété avec discernement et ne saurait servir de fondement à une décision juridique sans validation préalable par un professionnel qualifié.